Culture club : le guide de la vie nocturne berlinoise pour les néophytes
Jakob Schick
La scène club de Berlin est légendaire, et ce pour de bonnes raisons. La ville possède une culture clubbing qui diffère fondamentalement des autres grandes métropoles. Il n'est pas question d'espaces VIP, de bouteilles à prix d'or ou du dernier DJ célèbre. Il s'agit de musique, de communauté et d'endurance. Quiconque plonge pour la première fois dans la vie nocturne berlinoise devrait connaître quelques règles de base.
Les règles non écrites
Berlin n'a pas de dress code au sens classique du terme, mais il existe des règles implicites. Le noir fonctionne toujours. Des chaussures confortables sont indispensables — vous serez debout et à danser pendant des heures. Se pointer au Berghain trop apprêté, trop bruyant ou en groupe trop nombreux est le moyen le plus sûr de se faire refouler.
Il y a des videurs à l'entrée, et oui, on peut se faire refuser l'accès. Ce n'est pas une raison de le prendre personnellement. La politique de porte protège l'atmosphère du club, et la décision est souvent arbitraire. Ce qui aide : venir à deux ou seul, rester calme, ne pas noyer le videur sous les paroles, et répondre en allemand si on vous adresse la parole. "Hi, wir möchten rein" suffit amplement.
Le timing : quand est-ce que ça commence vraiment ?
Aller dans un club berlinois avant minuit, c'est comme dîner à 18h : techniquement possible, mais l'ambiance n'y est pas. La plupart des clubs ne commencent à se remplir qu'à partir de 1h du matin. Le samedi soir, ça démarre vraiment à partir de 2h, et dans beaucoup de clubs, on peut danser bien avant dans le dimanche.
Le Berghain ouvre le samedi soir et ferme le lundi matin. Ce n'est pas une blague. Vous n'êtes bien sûr pas obligé d'y rester les 40 heures, mais la possibilité existe. D'autres clubs ont des horaires plus courts, mais même là, il est rare que la soirée se termine avant 4h du matin.
Une soirée berlinoise typique : un bar à 22h, un deuxième bar à minuit, le club à partir de 2h. Celui qui fait la queue devant le club à 23h dansera tout seul.
Les clubs à connaître
Berghain / Panorama Bar
Le club le plus célèbre au monde, installé dans une ancienne centrale thermique sur la Warschauer Straße. Le Berghain au rez-de-chaussée joue de la techno dure ; la Panorama Bar à l'étage passe de la house et de la disco. Le lieu est monumental, les installations lumineuses sont légendaires, et la porte est tristement célèbre. Ceux qui entrent vivent quelque chose d'unique. Ceux qui n'entrent pas peuvent aller à côté, au ://about blank.
Tresor
Une institution de la scène techno berlinoise depuis 1991. Le club est situé dans une ancienne centrale thermique au Köpenicker Dreieck. La cave est bruyante, sombre et intense ; la Globus-Halle en haut est un peu plus aérée. Le Tresor a contribué à fonder la culture club berlinoise et n'a rien perdu de sa rudesse.
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Un club avec un grand jardin à Friedrichshain, réparti sur plusieurs salles et floors. La programmation est ouverte : techno, house, expérimental, et parfois des concerts live. En été, le jardin est l'un des meilleurs endroits de la ville — des arbres, des guirlandes lumineuses, un bar à ciel ouvert. La porte est stricte, mais moins imprévisible qu'au Berghain.
OHM
Petit, soigné, expérimental. L'OHM se trouve dans la cave du Kraftwerk à Kreuzberg et c'est le club de ceux qui aiment la musique exigeante. Ambient, drone, techno expérimentale. La sono est excellente, l'espace intimiste. Pas pour ceux qui attendent un tube de soirée, mais parfait pour les amoureux de musique.
Renate
Un club installé dans un ancien immeuble résidentiel à Friedrichshain. On danse à travers des salons, des salles de bains et des cuisines, les espaces sont remplis de meubles, de papiers peints et de décorations absurdes. La musique va de la house à la techno en passant par l'électro. Le Renate est le club qui ressemble le moins à un club — et c'est précisément pour ça qu'on s'y amuse.
SchwuZ
Le plus grand club queer de Berlin, situé à Neukölln, avec plusieurs floors et une programmation allant de la pop à la techno en passant par des shows de drag. Une atmosphère ouverte, de bons cocktails, et un public qui vient pour danser. Accueillant également pour les personnes non queers, et l'une des meilleures soirées de la ville.
Ce qu'il faut savoir : photos, drogues, respect
La photographie est interdite dans presque tous les clubs berlinois. À l'entrée, les caméras des téléphones sont recouvertes d'autocollants. Ce n'est pas une mesure arbitraire — cela protège la vie privée des clients. Quiconque prend des photos malgré tout sera expulsé.
La consommation de drogues est visible dans de nombreux clubs, mais elle n'est pas légale. Certains clubs proposent des services de drug-checking (par exemple via l'association Fixpunkt), qui testent les substances de façon anonyme et gratuite. Ceux qui consomment doivent s'informer. Ceux qui ne consomment pas ne seront pas jugés pour autant.
Le respect est le maître-mot de la culture club berlinoise. Pas de contact non désiré, pas de regards insistants, pas de comportement agressif. La plupart des clubs disposent d'équipes de sensibilisation que vous pouvez contacter si vous vous sentez mal à l'aise.
Les alternatives au club : bars et Spätis
Toutes les soirées ne doivent pas forcément se terminer en club. Berlin possède une culture des bars tout aussi riche. Dans le Wrangelkiez à Kreuzberg, les bars se succèdent les uns après les autres : Luzia, Möbel Olfe, Roses. À Neukölln, la Weserstraße abrite des dizaines de petits bars où la bière coûte 3 € et où l'on peut rester assis jusqu'à 4h du matin.
Et puis il y a les Spätis : les épiceries de nuit berlinoises, devant lesquelles on s'assoit sur un banc public avec une bière pour laisser la nuit se terminer tranquillement. C'est une façon tout à fait respectable de passer une soirée à Berlin.
Conseils pratiques pour votre première nuit en club
- Entrée : La plupart des clubs coûtent entre 10 et 20 € à l'entrée. Prenez du liquide — les cartes ne sont souvent pas acceptées.
- Vestiaire : Cela vaut la peine de déposer sa veste, les clubs sont chauds. Les frais de vestiaire sont généralement de 1 à 2 €.
- Comment y aller : Le S-Bahn et le U-Bahn circulent toute la nuit le week-end. En semaine, des bus de nuit prennent le relais des lignes de U-Bahn.
- Manger avant : À 3h du matin, un döner chez Mustafa ou un burger au Burgermeister — les deux sont à deux pas de la plupart des clubs.
Jakob Schick
Rédacteur chez bevoflats. Toujours à la recherche du meilleur café du coin.