Sachsenhausen : Comprendre l'Histoire
Matthias Richter
Sachsenhausen se trouve à 35 kilomètres au nord de Berlin. La ligne S1 y mène en 45 minutes. C'est l'une des visites commémoratives les plus importantes que l'on puisse faire dans la région, et ce n'est pas une visite légère. Le camp de concentration de Sachsenhausen a fonctionné de 1936 à 1945, avant que les forces d'occupation soviétiques n'utilisent le même site comme camp spécial jusqu'en 1950. Cette double histoire rend le lieu plus complexe que bien d'autres mémoriaux et exige du visiteur du temps et une disposition à écouter attentivement.
Se rendre à Oranienburg
La S1 relie le centre de Berlin — notamment depuis Friedrichstraße — à Oranienburg. Le trajet dure environ 45 minutes et le tarif est d'environ 3,50 euros avec un ticket AB. Depuis la gare d'Oranienburg, il faut compter une vingtaine de minutes à pied jusqu'au mémorial ; le chemin est bien balisé. En été, le week-end, le bus 804 relie également directement la gare au mémorial. Ceux qui font le trajet à pied traversent la ville, ce qui crée une transition silencieuse et recueillie.
Histoire du Camp
Sachsenhausen a été conçu par les SS en 1936 comme un camp modèle, destiné à servir de référence pour tous les camps de concentration ultérieurs du Reich allemand, avec un plan réfléchi, des hiérarchies claires et un contrôle rationalisé. Plus de 200 000 prisonniers sont passés par le camp au total. Ils venaient de toute l'Europe : prisonniers politiques, Juifs, homosexuels, Roms et Sintis, prisonniers de guerre soviétiques. Des dizaines de milliers ont perdu la vie — par fusillade, pendaison, famine, travail forcé, expériences médicales et extermination systématique dans la chambre à gaz de la Station Z.
En 1945, à l'approche de l'Armée soviétique, les gardiens SS ont poussé les prisonniers restants vers l'ouest lors de marches de la mort. Peu après, les troupes soviétiques ont libéré le camp. Mais ce qui a suivi n'a pas été une libération simple : les forces d'occupation soviétiques ont établi sur ce même terrain le Camp spécial n° 7, l'un des dix camps soviétiques de la Zone d'occupation soviétique. Jusqu'en 1950, environ 60 000 personnes y ont été internées sans jugement : des fonctionnaires nazis, mais aussi des opposants politiques au communisme, des jeunes gens et des personnes prises dans les filets par hasard. Environ 12 000 d'entre elles sont mortes.
Ce que l'on Voit
La visite commence à la porte d'entrée, sur laquelle figure l'inscription « Arbeit Macht Frei ». La porte est conservée dans son état d'origine et constitue l'un des éléments les plus oppressants du site — non pas parce qu'elle est spectaculaire, mais parce que l'on sait ce qui se trouvait derrière. Au-delà s'ouvre l'Appellplatz, le centre du camp, où les prisonniers étaient contraints de rester debout pendant des heures chaque jour, par tous les temps, pour l'appel et les punitions. La place est vide. Ce vide est intentionnel.
Certaines des anciennes baraques ont été reconstruites et présentent les conditions de vie des prisonniers : les dortoirs, les installations sanitaires, la distribution des repas. L'étroitesse des lieux, le froid en hiver, le bruit de cent personnes entassées dans un espace minimal — tout cela peut être déduit des expositions, sans pouvoir être pleinement ressenti. C'est quelque chose que l'on doit simplement accepter.
La Station Z, à l'extrémité nord-ouest du site, était la zone d'extermination : installation de fusillades massives, chambre à gaz, crématoire. Certains éléments sont préservés, d'autres sont abrités sous un toit protecteur moderne. Des panneaux explicatifs décrivent en termes sobres ce qui s'est passé ici. La sobriété est le ton juste.
Le musée est installé dans l'ancien bâtiment du commando d'essai de chaussures. Les prisonniers étaient forcés d'y parcourir 40 kilomètres par jour sur différents types de surfaces afin de tester des chaussures pour la Wehrmacht. L'exposition retrace l'histoire du camp de façon chronologique, avec des documents, des photographies et des objets personnels ayant appartenu aux prisonniers. Une exposition distincte est consacrée au camp spécial de la période soviétique — une histoire qui a été tue pendant des décennies en RDA.
La reconstruction de la baraque juive illustre la situation particulière des prisonniers juifs, qui étaient systématiquement traités de manière plus dure que les autres groupes de prisonniers. Le musée propose également une documentation détaillée à ce sujet.
Audioguide, Entrée et Comportement
L'entrée du mémorial est gratuite. Des audioguides sont disponibles en plusieurs langues, dont l'allemand et l'anglais, pour environ 3 euros. Ils sont vivement recommandés, notamment pour les zones difficiles à appréhender sans explication. Le centre d'accueil à l'entrée dispose également de consignes pour les bagages et d'une petite librairie proposant des publications sur l'histoire du site.
Pour une visite complète incluant le musée, la Station Z, les baraques et le terrain extérieur, il faut prévoir au minimum trois heures. Ceux qui utilisent les audioguides et prennent le temps d'observer les expositions en auront plutôt besoin de quatre. La photographie est autorisée sur le terrain extérieur. Dans certains bâtiments et espaces d'exposition, la photographie est interdite ; les indications correspondantes sont clairement affichées sur place.
Un café se trouve à l'extérieur du site du mémorial, juste avant l'entrée. Ce n'est pas un endroit pour une longue pause déjeuner, mais une courte halte est souvent bienvenue après une telle visite. En ce qui concerne le comportement sur le site, l'évidence s'impose : attitude respectueuse, tenue vestimentaire appropriée, pas de conversations bruyantes sur l'Appellplatz ni dans les salles d'exposition.
Pourquoi Cette Excursion est Importante
Les visites de mémoriaux ne sont pas des attractions touristiques au sens habituel du terme. On n'y va pas pour prendre des photos ou cocher une case. On y va pour comprendre ce qui s'est passé et pour ne pas l'oublier. Sachsenhausen est l'un des sites les plus marquants de la région berlinoise à cet égard — précisément parce qu'il présente les deux chapitres du vingtième siècle : la politique d'extermination national-socialiste et la pratique répressive soviétique. Ces deux parties appartiennent à l'histoire du lieu et toutes deux sont abordées par le mémorial.
Quiconque séjourne à Berlin et souhaite mieux comprendre la ville et son histoire ne peut guère faire l'impasse sur cette excursion. Nos appartements de vacances à Berlin sont idéalement situés à proximité de la ligne S1, qui relie directement la ville à Oranienburg.
Matthias Richter
Rédacteur chez bevoflats. Passionné par l'histoire et la culture berlinoises.